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L’UdeM agit en matière d’équité

Je signe aujourd’hui une lettre d’opinion dans La Presse+ sur l’enjeu important de l’équité au sein du corps professoral de l’Université de Montréal. Je la reproduis ici.


Deux nouvelles contradictoires ont été publiées le 4 avril dernier et me semblent nécessiter une clarification parce qu’elles touchent des enjeux importants pour notre communauté. Selon un article de La Presse+, les femmes professeures de l’Université de Montréal auraient une rémunération moindre que leurs collègues masculins. Parallèlement, le magazine Times Higher Education publiait son nouveau classement mondial des universités en matière d’impact social. Ce classement, basé sur les objectifs de développement durable de l’ONU, place l’Université de Montréal au 7e rang mondial et, dans certains secteurs, dont celui de l’égalité des sexes, l’UdeM se classe première au Canada. Comment est-ce possible?

Selon l’Association canadienne des professeurs d’université, dont La Presse+ cite les données, une femme qui enseigne à l’université au Canada gagne 0,90 $ pour chaque dollar du salaire d’un homme. Ce que l’article ne mentionne pas, c’est qu’à l’Université de Montréal, le portait, bien qu’encore imparfait, est bien meilleur qu’ailleurs au Québec ou au Canada. Une professeure de l’UdeM, en effet, gagne entre 0,96 $ et 0,99 $, selon qu’elle est titulaire, agrégée ou adjointe, pour chaque dollar rémunéré par un de ses collègues masculins.

Ce que ces ratios nous disent, c’est qu’il reste du travail à faire mais que les mesures prises au cours des dernières années pour diversifier notre corps professoral fonctionnent. On constate que chez les professeurs adjoints, le rang où se trouvent les plus jeunes professeurs nouvellement engagés et qui sont à parité entre femmes et hommes, l’objectif est presque atteint. De plus, chez les agrégés, la prime moyenne obtenue par les femmes est supérieure à celle des hommes.

Nous ne sommes pas insensibles aux écarts qui subsistent. Ceux-ci s’expliquent toutefois par quelques facteurs, dont notre pyramide démographique : les hommes sont encore majoritaires (66 %) chez les titulaires, le rang le plus élevé de la carrière professorale et où les professeurs sont plus susceptibles de recevoir une prime. Lorsque celle-ci s’exprime en pourcentage du salaire, les professeurs qui ont atteint un échelon plus élevé sont aussi plus nombreux à être des hommes.

Le domaine scientifique est également un facteur qui explique les écarts puisque les primes de marché, qui sont octroyées pour recruter dans certains secteurs très compétitifs, sont le plus souvent dans des secteurs à prédominance masculine. Par exemple, les chercheurs en informatique qui se voient offrir des ponts d’or dans le secteur privé sont encore majoritairement des hommes et nous devons leur offrir une prime pour avoir une chance de les recruter (et non, malgré cela, nous n’offrons pas de ponts d’or!).

L’équité, la diversité et l’inclusion me tiennent à cœur et notre université s’y est engagée de façon énergique depuis plusieurs années. Nous sommes très actifs pour corriger les écarts qui ont été identifiés. C’est ainsi que nous avons, par exemple, des politiques d’accès à l’égalité, des formations obligatoires sur la non-discrimination pour les comités de recrutement de professeurs et des mesures de conciliation travail-famille qui profitent à l’ensemble des membres de notre personnel.

Ces mesures ont été bénéfiques et elles nous ont valu d’être classé première université au Canada en matière d’égalité entre les sexes dans le nouveau classement du Times Higher Education sur l’impact social. Pour ce classement, le Times comptabilisait également le pourcentage de professeures et les publications scientifiques de ces professeures.

Ce que ce classement nous dit, c’est que l’Université de Montréal agit en matière d’égalité entre les sexes, tout comme elle agit pour que son impact social soit le plus large et le plus positif possible.