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Le problème du sous-financement de nos universités demeure entier

À quelques semaines du budget provincial, je signe aujourd’hui une lettre d’opinion dans La Presse + pour le rehaussement du financement de toutes les universités du Québec. Je la reproduis ici.

Je le dis avec une certaine lassitude. Je ne compte plus mes sorties publiques sur le sujet. Mais je ne peux rester silencieux. Alors, à quelques semaines du budget provincial, je lance à nouveau un cri du cœur pour un rehaussement du financement de toutes les universités du Québec.

J’ai espoir, encore. Parce que le Québec a d’importants surplus. Parce que notre économie va bien. Parce que nous avons un nouveau gouvernement qui fait de l’éducation une priorité. Et je dis : bravo! On annonce des constructions et des rénovations d’écoles. On annonce des maternelles 4 ans. On embauche des professeurs. On embauche des professionnels, des psychoéducateurs, des ergothérapeutes, des pédopsychologues… Excellent!

Mais on les forme où, ces gens si précieux pour nos enfants, pour notre avenir ? À l’université. Regardons plus largement aussi. Elles vont venir d’où, les solutions pour réduire les gaz à effet de serre, pour vaincre l’alzheimer? Des universités. On célèbre le formidable leadership de Montréal en intelligence artificielle, mais ça a commencé où, vous pensez? À l’université, il y a 20 ans, avec une poignée de « fous des maths ».

Nous sommes à une époque où tout nous ramène à l’université. Plus que jamais, les espoirs et les inquiétudes de notre temps appellent un savoir universitaire. Et qu’est-ce qu’on fait? On les asphyxie, nos universités.

Vous trouvez que le mot est trop fort? Jugez-en par vous-mêmes. En 2018-2019, après une succession d’importantes compressions et de rajouts modestes, nous avons 400 $ de moins par étudiant… qu’en 2012. Aujourd’hui, l’Université de la Colombie-Britannique dépense en moyenne environ 5000 $ de plus par année par étudiant que l’Université de Montréal.

Les étudiants québécois ont pourtant les mêmes attentes et les mêmes besoins que les étudiants du Canada anglais, et leurs programmes d’études sont soumis aux mêmes critères d’agrément nord-américains. Pour répondre à ces attentes et bien accompagner nos étudiants dans leur parcours, de même que pour mener à bien notre mandat de recherche et de service à la communauté, nous avons besoin de ressources comparables.

Un problème ne cesse pas d’exister le jour où on cesse d’en parler. Il devient plus pernicieux. Il devient un fait. Un état. Une sorte de fatalité… Le problème du sous-financement des universités québécoises demeure entier.

On a beau retourner la situation de toutes les façons, un jour ou l’autre, il faudra prendre nos responsabilités face à l’ensemble des universités québécoises, c’est-à-dire les financer correctement, à la hauteur de leurs besoins et de façon pérenne. Faire perdurer la situation actuelle revient à attaquer à la racine l’arbre de la prospérité.