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La modulation a bien meilleur goût (1)

Un quotidien montréalais rapportait cette semaine que je recommandais la modulation des droits de scolarité comme une piste de solution au sous-financement universitaire. Ce n’est pas la première fois que je me prononce sur cette question, ce ne sera pas la dernière non plus, même si cela me vaut chaque fois une jolie volée de bois vert.

Un quotidien montréalais rapportait cette semaine que je recommandais la modulation des droits de scolarité comme une piste de solution au sous-financement universitaire. Ce n’est pas la première fois que je me prononce sur cette question, ce ne sera pas la dernière non plus, même si cela me vaut chaque fois une jolie volée de bois vert.

Pourtant, les observateurs du monde universitaire sont de plus en plus nombreux à s’étonner que nos étudiants paient tous les mêmes droits, quels que soient le programme ou l’établissement qu’ils fréquentent. Dans une chronique bien sentie, http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/yves-boisvert/201204/27/01-4519923-les-etudiants-savent-compter.phpYves Boisvert rappelait, au plus fort du printemps dernier, que les étudiants savent compter, et que c’est un peu le pactole pour ceux d’entre eux qui sont inscrits à des programmes professionnels, comme la médecine et le droit.

La modulation est la norme partout en Amérique du Nord. D’ailleurs, tous les contribuables québécois modulent sans le savoir leur contribution au financement universitaire. Peu de gens savent en effet que pour un étudiant inscrit au 3e cycle en médecine, une université reçoit du gouvernement un peu plus de 10 fois la somme qu’il reçoit pour un étudiant en administration ou en lettres. Bref, l’État module déjà, selon le coût des programmes.

Pourquoi la formule ne s’appliquerait-elle pas également aux étudiants? Il faut se poser la question, d’autant plus que la réflexion sur le financement de nos universités se fait sur la base d’une comparaison des universités des autres provinces. Or, chaque fois que nous parlons des droits de scolarité ailleurs au Canada, nous prenons une moyenne. C’est trompeur : derrière cette moyenne, il existe une très grande variation selon que l’étudiant est inscrit en médecine dentaire ou en musique.

Pour comparer des pommes avec des pommes, il ne faut pas comparer un tarif unique avec un tarif moyen, mais bien un modèle avec d’autres modèles. J’y reviendrai dans un prochain billet.