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Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

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2015
Hier midi, nous avons tenu devant la tour de l’Université de Montréal une vigile pour manifester notre solidarité la plus totale avec les peuples français et libanais, qui ont été frappés la semaine dernière par la tragédie.
C’est tout un vent de changement qui a balayé le Québec et le Canada en entier lors de ces élections. De manière incontestable, la population du Canada a voulu confier la direction du pays à une autre équipe et aussi à une autre génération.
La semaine prochaine, des centaines de personnes se presseront au Centre culturel canadien de Paris. La raison de cette affluence? La présence de délégation de l’Université de Montréal prête à recevoir les candidatures des jeunes Français qui souhaitent venir étudier à Montréal. Des rencontres comme celles-là se tiennent un peu partout en France et ailleurs dans le monde, pour l’UdeM tout comme pour les autres universités québécoises.
L’éducation est un des piliers de notre société. Pourtant, au fil des ans, nous avons laissé collectivement nos établissements se dégrader. Ce déclin me préoccupe au plus haut point. Au début, rien n’y paraît. Comme pour les viaducs, les fissures ne sont pas tout de suite visibles. Mais après dix ou quinze ans, les dommages sont indéniables.
Je viens de lire Le niveau baisse! (et autres idées reçues sur la langue), de Benoît Melançon, professeur au Département des littératures de langue française. En moins de 120 pages, il dégonfle quelques mythes sur le sujet et bouscule la plupart des préjugés dont se nourrit le discours public sur l’état du français en terre québécoise.
Au cours des dernières semaines, des dizaines de milliers d’étudiants ont gagné les campus québécois. À l’Université de Montréal, ils sont toujours plus nombreux. Plus de 70 000 étudiants fréquentent maintenant l’UdeM et ses écoles affiliées, HEC Montréal et Polytechnique Montréal, c’est 47 % de plus qu’il y a 15 ans.
On me demande parfois quel est le plus grand risque pour l’Université de Montréal. Ma réponse a toujours été la même : une atteinte à notre réputation. Plus la réputation est bonne, plus le risque est grand. Et la réputation de l’UdeM est excellente.
Le quotidien du recteur d’une université n’est pas banal. Hier soir, mon cœur a vibré au rythme d’un tambour autochtone. Nous avons lancé, en même temps que la Semaine autochtone à l’UdeM, de nouveaux programmes en études autochtones.
On dit souvent que l’Université de Montréal est une ville dans la ville. Ce n’est pas faux. Nos 39 pavillons occupent une part importante du flanc nord du mont Royal. Mais ce campus qui surplombe les quartiers Côte-des-Neiges et Outremont n’est pas une ville fermée, réservée à nos étudiants et à notre personnel. C’est un site patrimonial plein de vie que de plus en plus de gens vont découvrir et redécouvrir dans les mois à venir.
Ma rentrée en première année de médecine date de quelques décennies, mais je me rappelle très clairement du vertige que je ressentais alors. Je venais de quitter la maison, j’arrivais seul à Sherbrooke, je n’avais comme certitude que mes ambitions et ma soif d’apprendre.
Dans une de mes vies antérieures, j’ai bien connu un Syrien d’origine du nom d’Abdul Halim Mheir. Il était médecin radiologiste, comme moi, à l’Hôpital Saint-Luc, maintenant intégré au CHUM.
Le Québec est sous la pluie. C’est un jour de deuil, pour une nation qui a perdu un homme immense, pour notre communauté universitaire aussi. Parce qu’on dit trop peu combien Jacques Parizeau aimait l’université, combien il aimait être professeur. C’était l’autre passion de sa vie. Elle était d’ailleurs directement liée à l’autre, celle du Québec. Le savoir, le savoir économique surtout, comme essentiel levier à la réalisation du destin qu’il voulait pour son peuple.
La semaine dernière, je prenais la parole devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et d’illustres invités dont le premier ministre du Québec et le maire de Montréal. J’ai parlé de l’importance des diplômés universitaires pour notre métropole. C’est assurément l’un de nos plus grands atouts sur la scène internationale.
J’ai rencontré Louise Roy pour la première fois dans les années 80, alors qu’elle dirigeait la STCUM, la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal. Elle était alors une star. Imaginez : une femme dans la trentaine, diplômée de sociologie, qui prend les rênes d’une société reconnue ingérable. La STCUM venait de vivre l’un des plus durs conflits de travail de son histoire. Louise Roy a rétabli la confiance avec les syndicats. Elle a ouvert la porte à l’embauche de femmes comme chauffeur d’autobus, une première.
Saviez-vous qu’il y a 6 221 240 000 000 000 de neurones en activité sur le campus de l’Université de Montréal en ce moment?

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