Passer au contenu

/ Recteur

Rechercher

Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

Suivez-moi!

2014
Comment décrire l’émotion ressentie lors du concert dédié à la mémoire des victimes du drame de Polytechnique, auquel j’ai eu l’honneur d’assister samedi dernier? Un mélange de tristesse et de sérénité. Une ode à la jeunesse et à l’espoir.
Ce samedi, le 6 décembre, nous nous recueillerons en souvenir de la tragédie qui a frappé notre campus, il y a vingt-cinq ans, emportant la vie de quatorze jeunes femmes. Un concert sera donné par l’orchestre de notre Faculté de musique et nous laisserons la musique et les chants exprimer ce que les paroles ne peuvent dire.
Monsieur le Premier Ministre, je vous écris pour vous demander de considérer le financement public des universités québécoises comme un investissement essentiel à l’avenir de notre société et non comme une dépense compressible à court terme.
Vous me connaissez comme un homme de parole.
Je suis aussi un homme passionné par les nombres, pas juste au sens comptable ou mathématique mais au sens symbolique.
J’aime les nombres qui, pour moi, sont évocateurs de lieux, de moments, de culture, de personnes.
Récemment, on m’a invité à clôturer un colloque international sur la persévérance scolaire. Je devais m’adresser à ce groupe d’experts tout juste avant notre ministre de l’Éducation, Monsieur Yves Bolduc.
Depuis cet été, une vague de sympathie déferle dans les médias québécois pour Mai Duong, cette Montréalaise d’origine vietnamienne atteinte d’une leucémie et incapable de trouver un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse.
Dans l’entrevue que je lui ai accordée, et dont il rapporte les propos ce samedi, le chroniqueur Francis Vailles avance que les chiffres sur lesquels je m’appuie pour conclure au sous-financement des universités québécoises sont « erronés ».
Plusieurs personnes remettent en question le sous-financement des universités québécoises. Et pour étayer leur propos, tous référent à la même source : le « Bulletin no 40 » diffusé en 2011 par le ministère de l’Éducation. Le même bulletin que Francis Vailles citait, dans La Presse de samedi, pour questionner l’efficacité de nos universités.
Une fois n’est pas coutume, faisons un peu de politique-fiction. Imaginons un instant que le Canada cherche à réduire les coûts de la formation universitaire à l’échelle du pays et que pour ce faire, le gouvernement fédéral lance un appel d’offre aux provinces, dont l’éducation est, faut-il le rappeler, un champ de compétences.
Encore une fois cette semaine, les médias ont rapporté des rumeurs de compressions dans les universités. Ces compressions s’ajouteraient aux précédentes et nous arrivent à mi-parcours de l’exercice budgétaire. Ce n’est pas la première fois que l’État nous demande de retourner à notre calculette en cours d’année. En trois ans, l’Université de Montréal a produit sept budgets, chaque fois pour s’adapter à de nouvelles règles de financement. Ça use, comme on dit.
Vous l’avez sans doute entendu à la radio ou lu dans les journaux, l’Université de Montréal a décerné hier un doctorat honoris causa à Jacques Parizeau. Cet honneur était mérité à plus d’un titre.
La semaine dernière, nous avons célébré le 10e anniversaire du campus de Mauricie dans une « atmosphère presque euphorique », comme l’écrit une journaliste du Nouvelliste. Il y avait de quoi ! En 2004, lorsque nous avons délocalisé à Trois-Rivières une formation de premier cycle complète en médecine, personne ne s’attendait à un tel succès.
L’UdeM, HEC et Poly lancent cette semaine trois nouvelles publicités qui seront diffusées cet automne à la télévision, ainsi que sur le Web. Cette initiative s’inscrit dans la campagne Campus Montréal qui connaît jusqu’à maintenant un beau succès.
Pendant la campagne électorale du printemps dernier, les recteurs et principaux d’universités québécoises avaient fait paraître dans les pages de ce journal un encart déplorant le peu de place accordé à l’enseignement supérieur dans le débat. Nous avions rappelé par la même occasion que les universités des autres provinces disposent en moyenne de 15 800 $ par année pour former un étudiant, alors qu’au Québec, les universités doivent se contenter de 10 850 $ pour accomplir la même mission. Un écart de 30 %!
Retourner à l’école représente très certainement – avec l’appel aux urnes – un des rituels les plus importants de nos sociétés modernes.

Abonnez-vous

Recevez une notification des nouveaux billets par courriel.


 Fil rss