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Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

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J’ai eu l’honneur, hier, d’assister à l’assermentation des ministres du nouveau gouvernement formé par le premier ministre, François Legault. Ce moment très solennel marque l’engagement de ces femmes et de ces hommes qui ont été choisis, d’abord par leurs concitoyens puis par le premier ministre, pour exercer une charge publique d’envergure.
Lundi, la tendance s’est maintenue… pour l’UdeM!
Au lendemain d’un débat où pas une fois le mot « université » n’a été prononcé par aucun des quatre chefs de parti, je reproduis ici la lettre d’opinion que je signe aujourd’hui dans La Presse +. 
Au cours des dernières semaines, des dizaines de milliers d’étudiants ont gagné les campus québécois. À l’Université de Montréal, ils sont toujours plus nombreux. Plus de 70 000 étudiants fréquentent maintenant l’UdeM et ses écoles affiliées, HEC Montréal et Polytechnique Montréal, c’est 47 % de plus qu’il y a 15 ans.
En regardant les nominations dans la catégorie « Meilleurs films » aux Oscars, une chose m’a frappé. Sur les huit films en lice, on retrouve non pas un, mais deux portraits de scientifiques. Celui du mathématicien Alan Turing, réputé comme le père de l’informatique, dans Le jeu de l’imitation, et celui du physicien Stephen Hawking dans La théorie de l’univers.
À l’heure où j’écris ces lignes, on ne connaît toujours pas le sort des quelque 200 élèves nigérianes kidnappées par le groupe islamiste armé Boko Haram. L’enlèvement s’est fait il y a un mois pendant les heures de classe, dans un village du nord du Nigéria, par une bande d’illuminés qui menacent de vendre les jeunes femmes comme esclaves.
Une récente étude des Nations unies place le Canada au 6e rang des pays les plus heureux dans le monde, après le Danemark, la Norvège, la Suisse, les Pays-Bas et la Suède.
Selon les auteurs, six facteurs clés façonnent le bien-être d’une population : le PIB réel par habitant, l’espérance de vie, avoir quelqu’un sur qui compter, la liberté perçue dans les choix de vie, être à l’abri de la corruption et la générosité. Le bonheur aurait aussi des effets secondaires bénéfiques. Les gens heureux vivraient plus longtemps, seraient plus productifs, gagneraient plus d’argent et seraient de meilleurs citoyens.
Contrôle des dépenses publiques, baisse d’impôts, lutte contre la corruption, création d’emplois, aide médicale à mourir, lutte contre les inégalités : voilà les priorités que les Québécois fixent aux parlementaires pour cet automne, selon un sondage commandé par l’hebdomadaire L’actualité. L’éducation? Elle doit sans doute figurer dans « Aucune de ces réponses » puisque les répondants devaient sélectionner trois enjeux parmi la douzaine proposés. C’est peut-être le plus triste de l’affaire : même pour les sondeurs, l’éducation n’est plus au programme!
Quels souvenirs conservent les étudiants plusieurs années après leur passage à l’université? Si on leur posait la question, nombreux sont ceux qui évoqueraient les deux ou trois enseignants qui les ont le plus marqués. Un enseignant inspirant détient un pouvoir extraordinaire. Il peut allumer une passion, orienter une carrière ou même changer une vie.
Lors du sommet sur l’enseignement supérieur, j’ai pris plusieurs positions. Certaines ont été plus médiatisées que d’autres. Il en demeure une qui, selon moi, n’a pas été suffisamment reprise : la nécessité d’un continuum dans l’éducation tout au long de la vie.
« Et maintenant, parlons d’éducation » titrait un quotidien montréalais au lendemain du dernier sommet sur l’enseignement supérieur, pendant que d’autres déploraient qu’on parle de tout sauf d’éducation dans ce genre de rencontre œcuménique.