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Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

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Si vous pensez que, pour trouver une formule équitable de financement du système d’enseignement supérieur, il faut avoir les idées claires sur les bénéfices respectifs d’une formation universitaire pour la société ET pour l’individu, je vous invite à vous rendre au bout de ce billet.
Le Sommet a réglé la question des droits de scolarité, mais non celle du financement de nos universités.
J’ai rappelé à quelques reprises qu’il est important de s’appuyer sur des faits et des données sûres pour poursuivre le débat sur l’éducation. Les chiffres ne manquent pas dans ce domaine et nul doute qu’on pourra m’en opposer d’autres. Mais j’aimerais en faire valoir quatre qui me paraissent révélateurs des difficultés que nous rencontrons à soutenir nos universités.
Pour une idée qui, en 50 ans, n’a jamais été vraiment débattue, on a beaucoup parlé de modulation des droits de scolarité hier au sommet. Ce scénario, que j’ai défendu au cours des dernières années, a finalement été rejeté. Le gouvernement a fait son lit et privilégie plutôt une indexation à 3 %. Même si, selon un sondage CROP – La Presse d’hier, 62 % de la population se dit favorable à une différenciation de la contribution étudiante selon les disciplines assortie d’une modulation du soutien financier aux étudiants qui en ont vraiment besoin.
On l’oublie trop souvent : l’enseignement supérieur au Québec est gratuit à 25 %.
Partout ailleurs en Amérique du Nord, le cursus universitaire de premier cycle est d’une durée de quatre ans. Au Québec, le baccalauréat se fait en trois ans. La dernière année du cégep, qui est gratuite, correspond à la première année des études universitaires ailleurs au Canada et aux États-Unis.
J’ai exposé dans mes billets précédents 1) qu’en Amérique du Nord, il n’y a qu’au Québec où l’on ne module pas les droits d’entrée à l’université; 2) que l’État québécois lui-même – et, donc, les contribuables – module le financement universitaire en fonction du coût des programmes; 3) qu’en dépit de droits de scolarité nettement inférieurs, le Québec a échoué à rendre ses universités accessibles aux jeunes des milieux défavorisés : ces derniers sont deux fois plus nombreux à fréquenter l’université en Ontario, où pourtant les droits de scolarité sont plus du double des droits exigés au Québec.
L’accessibilité est inscrite dans l’ADN des universités publiques. Et comme toutes les universités sont publiques au Canada – à l’exception de Quest University –, on peut dire que l’accessibilité est une préoccupation commune à l’ensemble des établissements du pays. Elle l’est assurément à l’Université de Montréal, où 27 % des étudiants admis proviennent de quartiers défavorisés.
Sur la question des droits de scolarité, le Québec est atypique, non parce que les droits y sont les plus bas en Amérique du Nord. Le Québec est atypique parce qu’il est le seul État nord-américain – et l’un des rares dans le monde occidental – qui exige les mêmes droits pour tous ses étudiants, quelles que soient la discipline ou l’université.
Un quotidien montréalais rapportait cette semaine que je recommandais la modulation des droits de scolarité comme une piste de solution au sous-financement universitaire. Ce n’est pas la première fois que je me prononce sur cette question, ce ne sera pas la dernière non plus, même si cela me vaut chaque fois une jolie volée de bois vert.
À l’automne dernier, comme chaque année, l’OCDE a publié ses Regards sur l’éducation. Une mine d’informations sur l’éducation primaire, secondaire et tertiaire partout dans le monde, dont la lecture permet de se situer par rapport aux autres selon une foule d’indicateurs (financement, participation aux études, diplomation, etc.). La publication est d’ailleurs assortie d’une fiche-pays qui fournit les données essentielles et les principales observations sur le système d’éducation de chaque État membre de l’OCDE.