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Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

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La semaine dernière, plus de 300 000 étudiants et étudiantes sont entrés en classe dans les universités québécoises. C’est un rituel qui nous émerveille chaque fois, le début d’un temps nouveau à petite échelle, un rite de passage individuel et collectif qui est la promesse de connaissances à acquérir, de rencontres à faire, de diplômes à obtenir et, dans bien des cas, de professions à exercer. C’est l’avenir en marche.
À l’approche des Fêtes, l’Université de Montréal s’est fait un cadeau. Elle a honoré l’un de ses plus prestigieux diplômés d’une façon tout à fait particulière : en lui dédiant une salle. Et pas n’importe laquelle. Celle de l’Assemblée universitaire, qui porte maintenant le nom de salle Roger-Guillemin.
La campagne pour la mairie de Montréal a été chaudement disputée, mais l’Université de Montréal ne pouvait pas « perdre ses élections » : ce sont deux de nos diplômés qui s’affrontaient!
Le 12 octobre dernier, l’Association des diplômés de l’UdeM remettait sa plus haute distinction, l’Ordre du mérite, à l’ancien premier ministre du Québec Bernard Landry, diplômé de la Faculté de droit de la promotion 1963.
Pour une université, la collation des grades des docteurs est l’un des moments forts de l’année. Pour un pays aussi. C’est le début d’une migration toute particulière, celle du talent.
Le 3 juin dernier, j’ai remis 512 diplômes de doctorat. Je pense qu’il faut avoir rédigé ou tenté de rédiger une thèse pour mesurer pleinement tout ce que représente l’obtention de ce grade, le dernier et le plus haut du cursus universitaire.
« Le Québec s’illustre en matière d’études postsecondaires complétées », titrait un réseau d’information la semaine dernière à la suite de la publication par Statistique Canada de ses Indicateurs de l'éducation au Canada : une perspective internationale. Cette étude récente, inspirée du rapport annuel de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l'éducation, permet de comparer le Canada et les provinces aux pays membres de l’OCDE selon toute une série de critères, comme le nombre d’étudiants étrangers, le financement des réseaux d’éducation ou encore le taux de diplomation.
Si vous pensez que, pour trouver une formule équitable de financement du système d’enseignement supérieur, il faut avoir les idées claires sur les bénéfices respectifs d’une formation universitaire pour la société ET pour l’individu, je vous invite à vous rendre au bout de ce billet.
La réponse : des enfants diplômés! Non seulement 9 parents sur 10 nourrissent des ambitions universitaires pour leur progéniture, mais 62 % d’entre eux envisagent pour elle une maîtrise ou un doctorat. C’est ce que nous apprend une récente étude d’Ipsos réalisée à la demande de la Banque HSBC. Ce sondage a été mené auprès de 4 592 parents dans 15 pays. C’est là tout son intérêt : il permet de comparer notre vision de l’enseignement supérieur à celle des autres.
De façon frappante, la famille chinoise mise énormément sur la formation universitaire de leurs enfants – ou plutôt de leur enfant, étant donné la politique de contrôle des naissances qui prévaut en Chine.
Sur le chemin qui mène au Sommet de l’enseignement supérieur, je remarque une tentative, chez certains participants, de cadrer le débat dans un affrontement entre une conception utilitaire de l’université et communautaire. D’un côté, il y aurait l’université entrepreneuriale, qui ne cherche qu’à former les futurs travailleurs. De l’autre, il y aurait l’université désintéressée et libre, qui forme des citoyens allumés et place la recherche du bien commun au centre de son idéal. Et bien entendu, ceux qui campent les positions en ces termes caricaturaux en profitent pour coller une étiquette négative à la conception utilitaire en l’associant à cet épouvantail qu’est la « marchandisation du savoir ».
À l’automne dernier, comme chaque année, l’OCDE a publié ses Regards sur l’éducation. Une mine d’informations sur l’éducation primaire, secondaire et tertiaire partout dans le monde, dont la lecture permet de se situer par rapport aux autres selon une foule d’indicateurs (financement, participation aux études, diplomation, etc.). La publication est d’ailleurs assortie d’une fiche-pays qui fournit les données essentielles et les principales observations sur le système d’éducation de chaque État membre de l’OCDE.
Pendant que Québec annonçait la semaine dernière des compressions de 5,2 % dans les budgets de fonctionnement des universités, le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES) publiait un rapport sur la « productivité du système public d’enseignement postsecondaire de l’Ontario ». Le texte porte sur l’Ontario, mais il fournit plusieurs comparaisons statistiques interprovinciales qui nous éclairent sur un aspect inédit de la réalité universitaire québécoise : sa formidable productivité.