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Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

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La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, nous a fait hier un double honneur. Celui, d’abord, de sa présence sur notre campus au jour 1 de la rentrée universitaire. Celui, aussi, d’avoir cité en exemple l’Université de Montréal alors qu’elle dévoilait aux médias sa stratégie pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel sur les campus du Québec.
Il y a deux semaines, j’en appelais au sens du dialogue de notre communauté pour mener à bien la réforme de la Charte de l’UdeM.
Depuis hier, je tiens des séances d’information et d’échanges libres sur un sujet plutôt aride : la réforme de la Charte de l’Université de Montréal.
L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis est un événement fracassant. Depuis, ils sont nombreux, aux États-Unis et à travers le monde, à vouloir comprendre comment s’est jouée la victoire du milliardaire et à essayer d’anticiper la suite des choses.
Depuis la rentrée, il ne se passe guère une semaine sans que les médias fassent état de comportements déplacés, voire carrément inacceptables sur les campus du Québec.
En cette semaine de la rentrée, je suis porteur d’une excellente nouvelle. On a annoncé mardi la plus importante subvention de recherche de l’histoire de notre établissement : 93,6 millions de dollars pour soutenir nos efforts d’innovation en sciences des données.
Pour une université, la collation des grades des docteurs est l’un des moments forts de l’année. Pour un pays aussi. C’est le début d’une migration toute particulière, celle du talent.
Le 3 juin dernier, j’ai remis 512 diplômes de doctorat. Je pense qu’il faut avoir rédigé ou tenté de rédiger une thèse pour mesurer pleinement tout ce que représente l’obtention de ce grade, le dernier et le plus haut du cursus universitaire.
Tous les recteurs s’interrogent à un moment ou un autre de leur mandat sur ce qu’est l’université, sur les différents modèles institutionnels qui existent et sur le délicat équilibre qui doit se faire entre les deux volets de la mission universitaire, l’enseignement et la recherche. Mais ce ne sont pas tous les recteurs qui consacrent à la question des écrits savants et documentés.
« Le Québec s’illustre en matière d’études postsecondaires complétées », titrait un réseau d’information la semaine dernière à la suite de la publication par Statistique Canada de ses Indicateurs de l'éducation au Canada : une perspective internationale. Cette étude récente, inspirée du rapport annuel de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur l'éducation, permet de comparer le Canada et les provinces aux pays membres de l’OCDE selon toute une série de critères, comme le nombre d’étudiants étrangers, le financement des réseaux d’éducation ou encore le taux de diplomation.
En 2015, l’une de nos professeures s’est classée dans la liste des 100 personnalités les plus influentes dans le monde du magazine Time. L’un de nos jeunes diplômés au doctorat est devenu un chercheur étoile chez Google. Et l’un de nos étudiants a reçu une prestigieuse bourse de la NASA pour chercher des signes de vie extraterrestre dans l’Univers.
À mon initiative, l’Université de Montréal est actuellement engagée dans une large réflexion sur les modifications qu’elle pourrait apporter à son mode de fonctionnement. L’objectif : faire mieux et plus efficacement en enseignement et en recherche. Les membres de notre communauté sont en ce moment même consultés pour orienter les discussions quant à l’avenir de notre établissement. L’Université de Montréal doit se transformer. Non parce qu’elle va mal, mais parce qu’elle pourrait faire mieux ce qu’elle fait déjà très bien.
Hier, en signe de deuil et de solidarité avec les Belges, nous avons mis le drapeau de la Belgique en berne à l’Université de Montréal. Ce drapeau ne flotte habituellement pas sur notre campus, mais c’est tout comme. L’Université libre de Bruxelles est l’un de nos plus précieux partenaires. Avec l’Université de Genève, nous formons le G3 de la Francophonie, un groupe de trois grandes universités généralistes qui a décidé en 2012 d’inaugurer un espace de libre-échange universitaire novateur.
En cette Journée internationale des femmes, je vous pose une énigme. En 1971, lors de la remise des premiers diplômes de notre jeune Département d’informatique, 10 des 45 finissants étaient des femmes. Dans les décennies qui ont suivi, la proportion d’étudiantes a progressé dans l’ensemble de l’université (elle atteint aujourd’hui 67 %). Les sciences de l’informatique, toutefois, ont suivi une tendance inverse. Actuellement, sur 45 diplômés du Département d’informatique et de recherche opérationnelle, seulement 6 sont des femmes…
Cette lettre ouverte est parue dans l’édition du 13 février 2016 de La Presse.
Sous le titre « S.O.S. savoir », Paul Journet plaidait la semaine dernière pour une relance de l’économie québécoise qui passerait essentiellement par l’innovation et l’éducation. « Éduquer et innover. Voilà les deux verbes qui devraient guider Québec », écrivait avec aplomb l’éditorialiste de La Presse. Sa voix s’ajoute à plusieurs autres qui se sont prononcées ces dernières semaines en faveur d’une stratégie de développement économique axée sur le savoir.