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Carnet du recteur

Le Carnet du recteur, c’est ma façon de parler autrement de l’université, de jeter un regard curieux sur ce qui se fait ailleurs dans le monde et de contribuer au débat public sur l’enseignement supérieur au Québec.

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Un quotidien montréalais rapportait cette semaine que je recommandais la modulation des droits de scolarité comme une piste de solution au sous-financement universitaire. Ce n’est pas la première fois que je me prononce sur cette question, ce ne sera pas la dernière non plus, même si cela me vaut chaque fois une jolie volée de bois vert.
Jeudi et vendredi derniers, j’ai participé à la rencontre thématique sur la gouvernance et les finances des universités. Il s’agissait de l’une des quatre rencontres préliminaires au Sommet sur l’enseignement supérieur, qui aura lieu à la fin février.
Nos sociétés souffrent actuellement d’un manque de travailleurs qualifiés, et ce, même si la fréquentation des établissements d’enseignement supérieur n’a jamais été aussi élevée. C’est l’un des paradoxes de notre époque. Une vaste étude internationale du cabinet McKinsey révélait récemment que seulement 43 % des employeurs interrogés indiquent être en mesure de trouver les gens ayant les compétences dont ils ont besoin sur le marché du travail. À l’autre bout de la chaîne, la moitié des diplômés n’étaient pas convaincus que leur formation postsecondaire améliorait leurs chances de trouver un emploi.
« Les cerveaux doivent correspondre aux besoins des entreprises ». Dieu sait si l’on m’a reproché cette affirmation ! Plusieurs y ont vu l’expression finie de l’inféodation de l’université au secteur privé et m’ont accusé d’être le chantre de la marchandisation du savoir. J’ai déjà eu l’occasion de m’expliquer ailleurs à ce sujet. Je ne veux pas revenir sur les mots, souvent cités hors contexte, mais bien sur la réalité qu’ils recouvrent : les liens entre le savoir et l’emploi.
L’UdeM commence la nouvelle année en trombe avec une pluie d’honneurs que je m’en voudrais de ne pas souligner auprès de vous, chers lecteurs.
D’abord, nos chercheurs s’illustrent de manière vraiment éclatante dans le palmarès des découvertes de l’année 2012, établi par le magazine Québec Science. La moitié des 10 découvertes sélectionnées ont été faites par des chercheurs de l’UdeM et de Polytechnique.
À l’automne dernier, comme chaque année, l’OCDE a publié ses Regards sur l’éducation. Une mine d’informations sur l’éducation primaire, secondaire et tertiaire partout dans le monde, dont la lecture permet de se situer par rapport aux autres selon une foule d’indicateurs (financement, participation aux études, diplomation, etc.). La publication est d’ailleurs assortie d’une fiche-pays qui fournit les données essentielles et les principales observations sur le système d’éducation de chaque État membre de l’OCDE.
Il y a trois semaines, le Times Higher Education publiait son classement annuel des meilleures universités au monde. L’édition de cette année comportait une excellente nouvelle pour l’UdeM et ses écoles affiliées : nous avons fait un bond de vingt places pour atteindre le 84e rang, notre meilleur rang à ce jour dans ce classement. Au cours des deux dernières années, l'UdeM a amélioré sa position de plus de 50 places.
La semaine dernière, le gouvernement du Québec annonçait d’importantes compressions dans les budgets de fonctionnement des universités, et ce dès l’exercice en cours. On évoque le chiffre de 5,2 % de réduction des dépenses, sans compter le 5 % dont les universités sont privées en raison de l’annulation de la hausse des droits de scolarité. Bref, 10 % de moins pour soutenir l’enseignement supérieur.
Pendant que Québec annonçait la semaine dernière des compressions de 5,2 % dans les budgets de fonctionnement des universités, le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur (COQES) publiait un rapport sur la « productivité du système public d’enseignement postsecondaire de l’Ontario ». Le texte porte sur l’Ontario, mais il fournit plusieurs comparaisons statistiques interprovinciales qui nous éclairent sur un aspect inédit de la réalité universitaire québécoise : sa formidable productivité.
Dans sa dernière édition, le magazine L’actualité nous livre une entrevue fort intéressante avec Henry J. Eyring, vice-recteur à l’avancement de l’Université Brigham en Idaho. L’homme a révolutionné la pédagogie sur le campus de son université en systématisant l’usage des cours en ligne. Le résultat, spectaculaire, c’est que l’Université Brigham a changé la dynamique même des cours en classe : « Quand les étudiants arrivent en classe, ils ont déjà vu le cours magistral en ligne et fait leurs devoirs. La classe est le lieu de discussions et d’échanges d’un niveau supérieur. »
J’étais ce midi l’invité de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, avec mes collègues de HEC Montréal, Michel Patry, et de Polytechnique Montréal, Christophe Guy, pour exposer notre vision de Campus Montréal, la grande campagne de financement tripartite qui s’amorce cet automne.
Avez-vous remarqué où se déroulaient les trois débats de la campagne présidentielle ? Non ? Sur des campus universitaires. Et pour moi, c’est une marque non équivoque de la place centrale qu’occupe l’enseignement supérieur chez nos voisins du Sud.

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