Carnet du recteur

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Le doctorat (2) : pourquoi le Canada a besoin de ses docteurs

16 juin 2016 09 h 33 | Diplômés, Des cerveaux, des entreprises

Pour une université, la collation des grades des docteurs est l’un des moments forts de l’année. Pour un pays aussi. C’est le début d’une migration toute particulière, celle du talent.

Chaque année, environ 7000 diplômés du doctorat font leur entrée dans le monde du travail au Canada. Seuls de 30 à 40 % d’entre eux resteront dans le giron universitaire, les autres intégreront nos organisations publiques et nos entreprises, transférant du même coup les toutes dernières connaissances de leur discipline à leur champ d’activité.

Que demande-t-on à la nouvelle génération? D’innover. C’est le mantra de nos politiciens, de nos économistes, de nos employeurs. C’est aussi une préoccupation nationale.

Le Canada, on le sait, ne fait pas bonne figure quand vient le temps d’évaluer la part de la recherche et développement dans ses entreprises en comparaison des pays de l’OCDE. Et le Québec, à peine mieux. Alors que la nouvelle économie numérique force presque tous les secteurs à se redéfinir, le Canada doit de toute urgence passer de la parole aux actes en matière d’innovation.

Or, si quelqu’un connaît intimement l’innovation, c’est bien un diplômé du doctorat.

On lui a demandé de s’élever au-dessus d’une branche très pointue de la connaissance pour concevoir un travail à la fois inédit et irréfutable, qui fait progresser son domaine.

Il a dû prendre des risques et entreprendre un voyage hors des sentiers battus, ignorant la destination finale.

Il a vécu plusieurs échecs et, chaque fois, il a dû se réinventer.

Pendant des années, il n’a eu pour seule certitude que son ambition.

Bref, le parcours menant à l’innovation, le diplômé du doctorat le connaît comme sa poche! Et dans une foule de secteurs, pas seulement ceux orientés vers l’application directe.

Au cours de la cérémonie de collation des grades du 3 juin dernier, en plus de décerner un doctorat à nos 512 finissants, j’ai remis des doctorats honorifiques à trois grands Canadiens : Calvin Carl Gotlieb, concepteur du tout premier ordinateur canadien; mon homologue à l’Université de Calgary, Elizabeth Cannon, qui grâce aux outils de navigation qu’elle a mis au point a amélioré le système de positionnement GPS; et l’ancien premier ministre Brian Mulroney, dont l’héritage principal, l’Accord de libre-échange nord-américain, assure toujours la prospérité de notre pays.

Ces personnalités font partie de cette classe d’innovateurs qui ont permis au Canada d’entrer dans le 21e siècle avec confiance. Et c’est dans leurs pas que nos nouveaux docteurs vont marcher. L’UdeM est non seulement fière d’eux, mais elle ne doute pas qu’ils sauront, chacun à leur façon, apporter à notre société le supplément de créativité et d’audace qui est l’étincelle de toute innovation véritable. 

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