Carnet du recteur

Ce que veulent les parents

25 avril 2014 10 h 12 | Diplômés, Des cerveaux, des entreprises

La réponse : des enfants diplômés! Non seulement 9 parents sur 10 nourrissent des ambitions universitaires pour leur progéniture, mais 62 % d’entre eux envisagent pour elle une maîtrise ou un doctorat. C’est ce que nous apprend une récente étude d’Ipsos réalisée à la demande de la Banque HSBC. Ce sondage a été mené auprès de 4 592 parents dans 15 pays. C’est là tout son intérêt : il permet de comparer notre vision de l’enseignement supérieur à celle des autres.

Deux données m’ont frappé concernant les parents canadiens. La première, c’est que pour une majorité d’entre eux, le bac est une finalité  – seulement 48 % accordent de l’importance à la poursuite des études à la maîtrise et au doctorat. C’est 13 points de pourcentage de moins que les parents français!  En fait, c’est l’un des taux les plus bas parmi les 15 pays de l’étude. Les parents de Malaisie (91 %), de Turquie (86 %) et du Brésil (84 %) valorisent dans une proportion nettement plus forte la poursuite des études au-delà du premier cycle.

L’autre donnée qui m’a étonné, c’est que, selon 47 % des parents canadiens, la formation universitaire doit d’abord et avant tout préparer au marché de l’emploi, contre 44 % pour les Américains et 29 % pour les Français.

Les deux données que j’ai retenues ne sont pas étrangères l’une à l’autre. Il y a un corollaire à établir entre le poids que les parents canadiens accordent au baccalauréat, par rapport aux cycles supérieurs, et les attentes qu’ils placent dans l’obtention d’un diplôme pour aider leurs enfants à se démarquer sur le marché du travail. Il faut croire que, pour une majorité de parents canadiens, aller à l’université est une bonne chose, mais en sortir après trois ou quatre ans est une meilleure chose encore. Pas besoin de maîtrise ou de doctorat pour trouver un emploi !

En réalité, ce n’est pas le cas ou plutôt, ce sera de moins en moins le cas. Nous vivons actuellement une transition vers une économie qui carbure au travail intellectuel. Et dans ce nouveau réseau d’échanges, ce sont les experts qui sont en demande, et en concurrence partout dans le monde.

Les jeunes l’ont bien compris. À l’UdeM, plus du quart de nos étudiants sont inscrits au 2e ou au 3e cycle. Ils savent les nombreux avantages qu’une éducation universitaire plus poussée leur procurera, bien au-delà de la simple question du type d’emploi et du salaire. En ce sens, ils sont peut-être plus sages que leurs parents. En tout cas, certainement plus prévoyants!

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