Messages à la communauté

Une rentrée hors de l'ordinaire

21 septembre 2012

Chers membres de la communauté universitaire,

J’ai toujours aimé la rentrée. Temps de retrouvailles, de commencement, d’appel à l’étude. Le 1er octobre prochain, ce sera jour de rentrée pour la vaste majorité de nos étudiants. Une rentrée hors de l’ordinaire.

Nous avons beaucoup parlé d’enseignement supérieur et d’université ces mois derniers au Québec. Et c’est une bonne chose. Je ne peux pas dire que j’ai toujours été heureux de la tournure des débats sur le rôle des universités dans notre société. Mais je pense que les universités et les étudiants qui les fréquentent auront dorénavant toute l’attention de la population québécoise lorsque viendra le temps d’exposer la nature de leurs besoins et de leurs attentes.

À cet égard, la création, par le nouveau gouvernement de Pauline Marois, d’un ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie est une heureuse nouvelle. Le réseau postsecondaire et le milieu de la recherche scientifique ont dorénavant un interlocuteur à part entière au Conseil des ministres et nul doute que le nouveau ministère sera à même de saisir les défis particuliers que nos cégeps et nos universités ont à relever. J’ai déjà eu l’occasion de féliciter le ministre Pierre Duchesne en personne et de l’assurer de notre entière collaboration dans le développement de l’enseignement supérieur au Québec.

Une communauté sous pression

Les événements des derniers mois ont exercé une pression considérable sur nos ressources. Plusieurs de nos professeurs et de nos chargés de cours ont eu à composer avec des groupes divisés et des classes fortement perturbées.

Le personnel du registrariat a été très sollicité pour remanier les horaires de cours et réallouer les salles. Nos agents de la Sûreté ont été vivement interpellés et il s’est dit des choses à leur sujet qui ne rendent certainement pas justice au travail qu’ils ont accompli. La direction a été mobilisée pour prendre des décisions parfois difficiles, toujours de bonne foi. Et nos communicateurs ont dû multiplier les interventions sur toutes les plateformes.

À tous ceux et celles qui ont subi les désagréments de cette crise, je veux dire merci! Merci d’avoir tout fait pour préserver la qualité de l’enseignement sur notre campus. Et merci d’avoir tout mis en œuvre pour aider nos étudiants à compléter leur trimestre d’hiver.

Une cohésion à retrouver

Je crois parler au nom de tous en affirmant que le temps est venu de tourner la page. Toutefois, il y a plusieurs leçons à tirer du conflit qui a secoué tout le Québec, avec une intensité particulière sur le territoire montréalais. Des leçons, bien entendu, sur la place de l’enseignement supérieur dans notre société et sur le caractère public du financement universitaire. Mais des leçons aussi – et ce sont celles-là qui m’interpellent le plus – sur la personnalité singulière de l’Université de Montréal.

À l’UdeM, le conflit étudiant a été vécu de manière très contrastée. Plus de 50 % de nos étudiants n’ont à toutes fins utiles pas boycotté leurs cours. Le mouvement de contestation n’a pratiquement pas eu d’écho dans les facultés professionnelles tandis qu’il a enflammé nos secteurs des arts et des sciences humaines et sociales.

Ce qui m’étonne de ce clivage, c’est qu’il n’a pas son pendant hors de l’enceinte universitaire. Notre société profite autant des innovations technologiques que des réflexions sur les conséquences de ces innovations. Elle a autant besoin des créateurs de richesse que de travailleurs sociaux qui cherchent à réduire les inégalités.

Il nous faut maintenant retrouver la cohésion dont notre communauté a besoin pour s’affirmer, d’une seule voix, à la face du monde. C’est cette cohésion qui fera la force de l’Université de Montréal dans les années à venir.

L’UdeM, toujours au sommet

Ce que je souhaite, c’est que l’UdeM conserve sa place dans l’élite des universités de renommée internationale. Dans le tout récent classement 2012 du QS World University Rankings, nous avons bondi 23 places pour atteindre le 114e rang mondial. La plus forte progression de toutes les universités canadiennes!

Mais le plus significatif, c’est que cette performance exceptionnelle est due en bonne partie à une amélioration notable de plusieurs disciplines dont les classes ont été les plus perturbées au cours des derniers mois : langues modernes, histoire, environnement, sciences biologiques, psychologie, informatique, statistiques et recherche opérationnelle, science politique et études internationales, droit, économie, économétrie et mathématiques.

Pour rétablir les ponts, je crois qu’il faut prendre du recul. L’UdeM est l’université qui offre la plus grande diversité de programmes au Canada. Et nous investissons nos énergies avec la même passion dans chacun de ces programmes.

Un classement ne fait pas le printemps. Mais depuis plusieurs années, l’UdeM se classe systématiquement, tous classements confondus, dans le premier percentile des meilleures universités au monde. C’est assez pour conclure à une tendance.

Il n’en tient qu’à nous pour que la tendance se maintienne!

Bonne rentrée !


Le recteur,

Guy Breton