L’Université de Montréal présente son mémoire à la Commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités

Le sous-financement menace la qualité de la formation universitaire

« Pour l'accessibilité à des formations de qualité »PDF

Site de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ)

Vous pouvez suivre les travaux de la Commission parlementaire en direct.

Montréal, le 25 février 2004 – Le sous-financement chronique qui affecte le réseau universitaire québécois compromet la qualité des formations offertes à l’Université de Montréal (UdeM). C’est le message que le recteur Robert Lacroix a lancé aujourd’hui à la Commission parlementaire chargée d’étudier les enjeux de l’éducation supérieure au Québec.

« Notre établissement et nos diplômés sont soumis à des standards de qualité internationaux et ces standards ne pourront pas toujours être atteints avec des ressources inadéquates » déclare le recteur Robert Lacroix. « Malgré tous les efforts déployés et le réinvestissement consenti par le gouvernement au cours des dernières années, la situation de l’Université de Montréal demeure fragile. »

Les effets concrets du sous-financement

Une étude conjointe menée l’an dernier par la CREPUQ et le Ministère de l’Éducation du Québec évaluait le manque à gagner des universités québécoises à 375 millions de dollars. Pour l’UdeM et ses écoles affiliées, cet écart représente au minimum 90 millions de dollars par année. Les chiffres qui suivent donnent la mesure des sacrifices imposés à l’UdeM depuis quelques années.

L’encadrement des étudiants. Depuis 1996, le nombre d’étudiants par professeur à l’UdeM est passé de 17 à 21. Aux cycles supérieurs l’UdeM affiche aujourd’hui le rapport étudiants-professeur le plus élevé des dix plus grandes universités de recherche du Canada (G10). Depuis 1998, le corps enseignant a augmenté de 13 %, mais l’effectif étudiant total, lui, a bondi de 27 %. Il manquerait actuellement à l’UdeM au moins 280 professeurs pour rester compétitive à l’échelle canadienne et internationale.

Les infrastructures d’enseignement et de recherche. L’UdeM est plus à l’étroit chez elle que n’importe quelle autre université canadienne de sa stature. Deuxième université en importance au Canada, elle présente le plus faible rapport d’espaces par étudiant, soit 20 m2 bruts, 8 mètres sous la moyenne du G10. On estime qu’il manque actuellement au campus quelque 221 000 m2 bruts.

Les ressources documentaires. Avec des dépenses par étudiant de 650 $, les bibliothèques de l’UdeM se classent bonnes dernières dans le groupe des 10 premières universités de recherche au Canada, bien au-dessous de la moyenne (1 004 $) et très loin derrière l’Université de Toronto (1 461 $). À raison de 129 livres par étudiant, nos collections sont parmi les plus pauvres au pays. Le budget d’acquisition a subi des coupes dramatiques depuis les années 1980 : on évalue à 115 000 le nombre de monographies dont l’Université n’a pu faire l’acquisition entre 1993 et 2001, pour une valeur totale estimée de plus de 9 M$.

La formation dans le domaine biomédical-santé. L’UdeM présente la plus forte concentration de programmes en sciences de la santé au pays. Or, les coûts de formation dans ce secteur explosent partout, sauf au Québec. Comparée à l’Université de Toronto, l’UdeM dépensait en 2001 95 % de moins pour former un dentiste (23 853 $ contre 46 582 $) et 58 % de moins pour former un pharmacien (7 058 $ contre 11 166 $). Sans parler du coût de formation d’un médecin, pour lequel il est plus délicat de faire des comparaisons.

Pour maintenir la qualité de ses programmes en sciences de la santé comme dans d’autres secteurs professionnels, l’UdeM en est réduite à pratiquer une péréquation interne au détriment de ses autres programmes. Malgré cet effort et comme les autres universités québécoises, elle peine à conformer ses programmes aux standards de qualité nord-américains, comme l’illustrait l’an dernier le cas de la Faculté de médecine vétérinaire, menacée de perdre l’agrément de l’American Veterinary Medical Association.

Le sous-financement, en somme, précipite les universités québécoises vers une véritable crise de reconnaissance des formations qu’elles offrent à leurs étudiants. Au-delà du cas particulier de l’Université de Montréal, c’est tout le système universitaire québécois que l’on met en péril, en ne lui fournissant pas les ressources humaines et financières dont il a un besoin pressant pour faire ce qu’on attend de lui : transmettre les connaissances par l’enseignement et repousser les frontières de la science par la recherche.

« Depuis 125 ans, l’Université de Montréal joue un rôle de premier plan dans le développement de la société québécoise. Elle a formé des milliers de professionnels dans tous les secteurs d’activité et contribué à l’avancement des connaissances. » a rappelé le recteur. « Au moment où la société québécoise fait face aux défis de la santé de sa population et du passage à l’économie du savoir, l’Université est plus nécessaire que jamais. Encore faut-il lui donner les moyens de remplir sa mission. »

À propos de l’Université de Montréal

Fondée en 1878, l’Université de Montréal compte aujourd’hui 13 facultés et forme avec ses deux écoles affiliées, HEC Montréal et l’École Polytechnique, le premier pôle d’enseignement supérieur et de recherche du Québec, le deuxième au Canada et l’un des plus importants en Amérique du Nord. Elle réunit 2300 professeurs et chercheurs, accueille près de 55 000 étudiants, offre au-delà de 550 programmes à tous les cycles d’études et décerne quelque 3000 diplômes de maîtrise et de doctorat chaque année. L’Université de Montréal est résolument engagée dans le développement de nouvelles connaissances et la transmission du savoir.